François Legault : « Je suis content de mon héritage jusqu'à présent. »
« Quand je regarde l'économie du Québec, je suis satisfait de mon héritage jusqu'à présent et les perspectives sont prometteuses pour les années à venir, y compris pour un troisième mandat », a déclaré le premier ministre François Legault.
L'économie d'abord
Il a ensuite rappelé avoir négocié, en décembre dernier, un nouvel accord de 50 ans avec Terre-Neuve-et-Labrador pour l'exploitation de la centrale hydroélectrique de Churchill Falls et l'augmentation de la production d'électricité grâce à divers projets connexes.
« C'est un bel héritage pour moi », a affirmé M. Legault, évoquant également les projets de production d'énergie d'une valeur de 200 milliards de dollars en développement chez Hydro-Québec.
Il n'a toutefois pas mentionné le secteur des batteries, qui a attiré des milliards de dollars d'investissements privés au Québec, mais qui a été terni par le fiasco du projet d'usine Northvolt en Montérégie.
Le chef du gouvernement de la CAQ a néanmoins abordé la question des « minéraux critiques », un atout du Québec, essentiels à la fabrication des batteries et des appareils électroniques.
Défense
La plus récente mission de quatre jours de M. Legault à Paris en juin s'est avérée être principalement une prospection du secteur de la défense, un secteur encore sous-développé au Québec.
Il a notamment passé une journée entière au Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget, le plus important événement bisannuel de l'industrie aéronautique et de la défense.
Cependant, aucune annonce majeure ni signature de contrat n'ont eu lieu, contrairement à l'usage lors de ce type de mission économique du premier ministre.
Semer les graines
M. Legault a rappelé avoir rencontré des dirigeants de Thales, Dassault, Safran et Airbus, quatre géants de l'industrie de la défense en France et dans le monde.
« Je leur ai demandé : pourquoi ne pas venir vous installer un peu plus au Québec? », a-t-il résumé.
« Ma priorité demeure la création d'emplois bien rémunérés au Québec », a poursuivi le premier ministre du Québec pour justifier ses actions.
Plus tôt en juin, Ottawa avait annoncé un financement supplémentaire de 9 milliards de dollars par année pour la défense, que M. Legault entend partager avec le Québec.
« Il faut s'assurer qu'il y ait des répercussions », insiste-t-il.
De même, si les grands acteurs français de la défense veulent remporter des contrats fédéraux, ils devront s'implanter au Québec et embaucher, suggère M. Legault.
Il fait écho à la ministre fédérale de l'Industrie, Mélanie Joly, qui souhaite établir une stratégie industrielle de défense, semblable à la Stratégie nationale de construction navale, un plan présenté en 2010 visant à relancer l'industrie maritime canadienne et ses chantiers navals par l'attribution de contrats de construction de navires pour la flotte ou la Garde côtière.
« Avant de passer commande auprès d'eux (des entreprises comme Thales, Dassault, etc.), nous devons nous assurer d'obtenir des engagements en matière de création d'emplois rémunérés », a exigé M. Legault. « Je suis optimiste. »
M. Legault croit que, par son approche, il engage le Québec dans une activité industrielle qui portera ses fruits à long terme.
« Nous avons semé des graines qui germeront probablement dans les mois et les années à venir », a-t-il conclu.